5 janv. 2009

Qui est bien placé pour conduire un projet "entreprise 2.0" ?

La question de savoir qui est le mieux placé pour conduire les projets de transformation 2.0 revient souvent  sur les blogs et dans la presse.  J'essaie d'y voir un peu clair et je vous propose plusieurs lectures ... 

Certains poussent la création de nouveaux rôles au niveau top management (CNO - Chief Network Officer chez blueKiwi), certains suggèrent que la DSI est bien placée mais en général pas en état de le faire correctement (billet Bertrand Duperrin - étude Cigref), une majorité de DSI revendiquent le pilotage (the state of the CIO 2009), certains DSI refusent de s'occuper de 2.0 au pretexte qu'il s'agit de phénomènes "périphériques" (billet de Michel Benard), au final certains préconisent un lancement "par la base" (billet de Stéphanie).

Alors, quelle réponse ? Comme souvent, il n'existe sans doute pas de réponse universelle, mais sur la base de mon expérience, je pense que la transformation 2.0 doit s'appuyer sur des éléments forts :

1- S'agissant d'une transformation d'entreprise, il est crucial de prendre en compte le contexteactuel et futur de l'entreprise. Le sponsor de cette transformation doit donc forcément être le DG / CEO. Sans son soutien franc et massif, toute tentative est vouée à l'échec ou tout au moins donnera des résultats très limités.

2- La transformation 2.0 doit prendre en compte les contraintes réelles de l'entreprise. Et proposer un schéma global, utilisant de manière pragmatique à la fois l'existant et le 2.0. Dans le cas d'une création d'entreprise, un appel massif et direct aux technos 2.0 devrait être privililégié.

3- la transformation 2.0 passe par la mise en place d'une organisation dédiée, focalisée sur : l'organisation, l'analyse et l'alignement des réseaux collaboratifs, la mesure et le pilotage, la gestion du changement et la communication.

Ma conclusion à ce stade ;-)  est donc que le mieux placé pour conduire une transformation Entreprise 2.0 est le DSI / CIO, aligné à 200% avec le DG - CEO et qui aura pris soin de :
 - mettre à plat et définir la stratégie SI en prenant en compte les aspects processus traditionnels ET les modes collaboratifs 2.0.
 - remettre à plat complètement le fonctionnement de son équipe pour la focaliser sur le support au business et la rendre agile.
 - créer une équipe "développement des réseaux d'entreprise"et nommer un responsable opérationnel vsible.

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3 commentaires:

Anonyme a dit…

Je rejoins cet avis. Je constate cependant que les DSI sont souvent les plus "curieux" de connaître les bénéfices suivis des "dircom". Mais, sans les directions générales pour soit autoriser soit pousser au changement, il sera difficile de faire passer un projet Entreprise 2.0 du stade de POC (prototype) au stade de solution déployée, sans compter le passage obligé par la sécurité dans les grands groupes. Bref, les éditeurs de ce secteur ont intérêt à bien connaître les enjeux classiques ( support, perennité, empreinte technique, charges sur les serveurs, sécurité, déploiement, usabilité, etc. ) des SI pour convaincre les directions d'amorcer le changement vers le collaboratif.

Frederick S.

olivier.riviere a dit…

Le manager le mieux placé pour conduire un project "Entreprise 2.0" c'est celui qui sait inspirer les gens autour de lui et créer un climat de confiance qui génère la collaboration.

Les approches centralisées,et celles basées sur la technlogie plutôt que sur l'évolution des comportements sont de toute façon vouées à l'échec. De plus la culture de beaucoup d'entreprise françaises, jacobine et hiérarchique, est antinomique avec le concept "Entreprise 2.0". Comme toutes les révolutions - qui n'existent que dans les média - le changement profond viendra d'une lente évolution (une révolution sans en avoir le "r") conduite par la juxtaposition d'innitiatives individuelles. Et ça prendra du temps d'autant plus que le flot de commentaires excessifs et naifs sur le thème "Entreprise 2.0 n'aide pas à faire progresser les choses.

Jean-Marie Berger a dit…

@ Olivier Rivière.

Tout à fait d'accord. La naiveté en particulier est à exclure totalement de cette approche. La route vers l'entreprise 2.0, si elle est source d'enthousiasme est forcément pavée de "sang et de larmes" car elle touche aux modes de fonctionnement profonds de l'entreprise.